Environnement fluctuant

Métiers en mutation : l’enjeu de l’adaptation

mercredi 27 février 2019 | Out of the box

Le contexte décrit dans l’article Environnement fluctuant et impératif d’adaptation rend les pistes de développement économique précaires. Cet environnement livre tous les acteurs et décideurs de la vie économique à des incertitudes.

D’un point de vue RH, ces mutations se traduisent par une évolution constante des métiers.

Mutations des métiers : aucune fonction de l’entreprise n’est épargnée

Le personnel administratif assiste à une évolution rapide du cadre règlementaire.

Les RH font notamment face aux changements de références culturelles (générations voire époques Y-Z).

La fonction RH observe également que les mutations techniques et technologiques restructurent ou transforment des méthodes et pratiques établies.

Le marketing doit jouer avec des médias et des modes de communication en évolution permanente.
La finance voit son terrain d’action traverser par des perturbations importantes et doit renforcer sa capacité d’analyse prédictive.

Les achats observent que ses sources d’approvisionnement sont remises en cause.

La production doit s’adapter à de nouvelles normes.

La logistique voit ses coûts augmenter.

Toutes les grandes fonctions de l’entreprise sont ainsi affectées et doivent apprendre pour s’adapter.

Au-delà des changements dans l’environnement de l’entreprise, l’accumulation des savoirs et l’innovation qu’ils entrainent amplifient encore le besoin d’évoluer.

Le Lean manufacturing* par exemple, qui est lui-même une évolution de théories managériales nées avec Deming, amène les décideurs à reconsidérer leur outil industriel.

Métiers en mutation : terrain propice aux questions et à l’émulation

Les savoirs amènent de nouvelles questions et créent un contexte qui incite à se surpasser et à vouloir évoluer. Cela valide au moins partiellement la vision de Jean Zin qui considère l’information comme un antidote à l’entropie des systèmes.

Si l’on se réfère aux savoirs les plus pointus, ceux-ci engendrent des innovations, souvent technologiques qui peuvent radicalement changer les métiers et les activités humaines.

A titre d’exemple, citons le pôle de compétitivité de Grenoble spécialisé dans les nanotechnologies. Ce pôle travaille sur un secteur de développement qui a un fort impact sur le plan socio-économique.

Ces quelques exemples montrent la vitesse à laquelle les métiers évoluent. Au-delà de ces évolutions, l’organisation du travail et les limites cognitives des individus amènent la création de nouveaux métiers.

L’US Department of Labor estimait en 2010 que les étudiants changeraient de poste entre 10 et 14 fois d’ici leurs 38 ans. La vidéo prospective Did you know 3.0 notait que les 10 postes les plus demandés aux Etats-Unis en 2010 n’existaient pas en 2004.

Thomas Frey** a indiqué que 60% des métiers qui façonneront l’avenir n’ont pas encore été inventés.

Citons, plus proche de nous, les résultats du Baromètre de l’employabilité de BPI group réalisé par BVA en 2018. Sabine Lochmann, Présidente du Directoire de BPI group indique que « les experts estiment que plus de 50 % des métiers vont être profondément transformés d’ici 5 ans ».

Ainsi, la sensibilisation à la vitesse à laquelle se produiront les mutations des métiers est de plus en plus prégnante.

Cette transformation inédite vient compliquer la tâche des DRH. La formation apparaît comme un moyen évident de gérer ces évolutions.

Dans le même temps, les changements sont si rapides que l’on peut se demander comment la formation peut suivre. Il faut désormais rassembler les conditions de son intégration dans le dispositif de gestion des savoirs pour qu’elle soit réellement efficace. L’acquisition de compétences permettant de s’adapter semble indispensable.

Au-delà de la réforme systémique du modèle français de formation professionnelle, il est nécessaire de bâtir les conditions de l’apprentissage moderne. C’est d’ailleurs une des 12 mesures annoncées dans la réforme 2019.
La formation devra s’adapter aux nouveaux usages d’acquisition des connaissances et notamment aux attentes des nouvelles générations.
De même, il faudra encourager et promouvoir les formats innovants permettant l’engagement de l’apprenant sur le long terme.

* Fabrication sans gaspillage ou production au plus juste
** Thomas Frey, Senior futurist au DaVinci Institute (think tank et communauté d’entrepreneurs

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